09 octobre, 2018
05 mai, 2019
22/04/2019
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Super Freaks - Brose Bamberg à la loupe

BAMBERG (Allemagne) - Neuf Championnats d'Allemagne, six Coupes d'Allemagne et cinq Super Coupes d'Allemagne. Pour Brose Bamberg, gagner est une habitude. Le club le plus titré d'Allemagne a déjà remporté la Coupe d'Allemagne cette saison en battant les finalistes de l'EuroCup, Alba Berlin, sur un buzzer beater à 3-points de Nikos Zisis. Et c'était loin d'être le seul drama que ces fans ont vu à Freak City cette saison.

A peine la bouteille de champagne s'était-elle écrasée sur la proue de sa première saison dans la BCL, que Bamberg avait déjà commencé à surfer sur les vagues. La première journée contre Fuenlabrada a vu les Freaks s'incliner au buzzer sur un panier de Pako Cruz. Ce n'était peut-être pas le début de saison idéal, mais Bamberg a depuis connu beaucoup de succès dans les dernières minutes de jeu. Ce tir a également donné le ton de ce qui a été la saison la plus imprévisible de la BCL jusqu'à présent et a montré clairement que les derniers quart-temps de Bamberg sont à ne pas manquer.

La route vers le Final Four

Si vous cherchez le mot "Freak" dans le dictionnaire, vous obtenez la définition suivante :

"Un événement ou une situation très inhabituelle et inattendue."

Selon cette définition, la saison de Freak City a été si bizarre qu'elle ne l'est plus lorsqu'ils font quelque chose d'inattendu ou d'inhabituel. D'autant plus que ces événements inattendus deviennent de plus en plus des événements positifs qui changent la donne. Mais cela a pris un certain temps pour prendre forme.

Bamberg a entamé la première moitié de la saison de BCL par un bilan de 4-3. Une combinaison d'absences pour cause de blessure et une nouvelle équipe - avec de jeunes joueurs dans des rôles importants - apprenant à jouer ensemble, ont fait que les Allemands ont pris un certain temps pour trouver leur rythme. Parfois, Bamberg a semblé dépendre des exploits de Tyrese Rice au quatrième quart-temps pour s'assurer la victoire. Après une victoire sur l'AEK à la 10e journée, le bilan des Freaks semblait beaucoup plus rassurant à 7-3. Mais après le départ de l'entraîneur Ainars Bagatskis et une défaite sans éclat face à Lietkabelis lors du premier match de l'entraîneur Federico Perego à la tête de l'équipe, l'inattendu était encore à prévoir.

 

Perego est peut-être le plus jeune entraîneur présent au Final Four, mais il a réussi un changement de coaching à la mi-saison avec la prestance et la confiance d'un coach vétéran. Deux victoires, une défaite et une coupe nationale plus tard, et le Bamberg de Perego était de retour sur la bonne voie. Ils sont entrés dans les Play-Offs sains et pleins de foi.

Les huitièmes de finale ont vu les Bandits de Banvit s'approcher du but. Avec Gary Neal, Alex Perez et Jordan Morgan, le club turc s'est montré très dangereux, même s'il a récemment changé d'entraîneur. A domicile, Elias Harris a tiré à 89% pour scorer 19 points, et d'importantes contributions de Rice, Hickman et Rubit ont permis à Bamberg de s'imposer de deux points. Le déplacement à Bandirma a été tout aussi serré, mais les 32 points de Tyrese Rice ont conforté son statut de MVP en puissance. Nous avons aussi vu plus de signes d'une équipe s'unissant dans l'adversité et à voir les situations difficiles comme des occasions à saisir :


Les quarts de finale ont opposé Bamberg aux champions en titre de l'AEK. La Reine avait déjà joué son rôle dans la BCL en établissant des records d'affluence en huitièmes de finale. Après les 19 points et 7 rebonds de Cliff Alexander, qui ont permis à Bamberg de prendre une avance de 4 points en Allemagne, l'équipe de Perego savait qu'elle ferait face à un chaudron lors de la deuxième manche. Les fans d'AEK n'ont pas déçu.


Une fois de plus, Bamberg a relevé le défi et une fois de plus, Tyrese Rice a été clutch au quatrième quart-temps. Mais il ne s'agissait pas uniquement du Riceman. Cliff Alexander a été énorme dans les deux mancheset à chaque fois que l'AEK semblait ne pas être prêt à abandonner le trône, un joueur de Bamberg différent s'est présenté. L'exemple le plus clair est celui de Bryce Taylor qui a lancé trois coups de poignards à trois-points au quatrième quart pour ramener Bamberg de l'abîme.

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😈 Freak City looks scary! Will @BroseBamberg make it to the Final? #BasketballCL #FinalFour

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Stats 

Si nous regardons les données ci-dessous, nous pouvons rapidement voir où les Allemands excellent et où ils ont connu des difficultés cette saison.


Bamberg est premier au Final Four for Pace (tempo) avec 72,9 possessions par 40 minutes et deuxième pour le pourcentage de passes décisives (AST%) avec 63% de ses paniers réussis provenant d'une passe. Le club allemand se classe troisième des quatre dernières équipes pour l'efficacité offensive à 110 points par possession (ce qui est encore au-dessus de la moyenne de la ligue), mais parce qu'il joue au rythme le plus rapide, vous pouvez voir que Bamberg est deuxième en points marqués par match. Statistiquement, la catégorie la plus forte de Freaks sont les lancers-francs, numéro un de la BCL avec 82 % sur la ligne de réparation, et elle se rend sur la ligne plus que toute autre équipe de la BCL. Le taux lancer-franc (FTR) de Bamberg est de 33%, ce qui signifie qu'ils tirent 33 fois à partir de la ligne, pour 100 tirs qu'ils prennent. Si nous plongeons dans les données depuis que l'entraîneur Perego a pris la relève, nous pouvons voir que c'est un domaine qui s'est amélioré depuis le changement d'entraîneur. Ce que l'on voit aussi, c'est l'illustration parfaite de la saison effrayante de Bamberg.

 

En commençant par le taux de lance-franc, vous pouvez voir que Bamberg a atteint plus de 40% à trois reprises ; 13e et 14e journées puis, lors de la deuxième manche des huitièmes de finale, Bamberg a essentiellement vécu surla Ligne, tirant 55 lancers francs par 100 tentatives de tir. Ces 55 % de FTR se sont traduits par 31 lancers tentés, que les Allemands ont convertis à 91 % !..... Si ce n'était pas assez inhabituel ou inattendu, dès le match suivant, à domicile (où les équipes se rendent généralement plus à la ligne), le FTR de Bamberg a été de 12% contre AEK, le plus faible pourcentage de la saison.

Vous pouvez voir ce genre d'oscillation d'un match à l'autre dans tout le parcours de Bamberg. A domicile contre Banvit en huitièmes de finale, ils ont attrapé 26% de leurs tirs ratés, mais sur la route à Bandirma, ce chiffre n'a été que de 7%. Pourtant, si l'on considère les chiffres de Bamberg depuis que l'entraîneur Perego a pris la relève, on constate une baisse de 3,7 % du pourcentage de balles perdues (TOV %), une augmentation de 4,5 % du FTR et une augmentation de 8,4 % de l'efficacité du tir (eFG %). On dit que le progrès n'est jamais une ligne droite. Il semble qu'ils ont raison.

Si l'on passe aux profils de tirs de Bamberg, on peut voir qu'ils tournent à de bons pourcentages dans tous les domaines qui sont souhaitables. Les deux zones d'angle à 3-points et directement sur près du cercle sont des points chauds. Cette équipe tire également à plus d'un point par tir à partir en tête de raquette et depuis l'aile gauche.

Compte tenu de la confiance de Bamberg en Tyrese Rice pour briller dans les fins de matchs, vous pouvez vous attendre à voir le meneur américain dominer la carte des tirs par joueurs ci-dessous. Nous voyons que Rice est le shooteur le plus efficace de Bamberg depuis deux zones derrière l'arc - il nous a montré toute la saison que son rayon d'action s'étend depuis cette aile gauche. Mais ce que nous voyons aussi, c'est la polyvalence d'Augustine Rubit. Rubit est le roi des deux zones dans la peinture et tire également à haut pourcentage dans trois des quatre zones à mi-distance.

Roster

Nous avons déjà examiné les données de Bamberg depuis que l'entraîneur Perego a pris la relève, il est donc logique de regarder la façon dont il a utilisé son équipe depuis qu'il a pris les rênes. Si nous comparons cette rotation avec le graphique que nous avons montré dans notre preview des quarts de finale, nous pouvons voir plusieurs différences notables. L'ajustement prioritaire a été l'insertion de Tyrese Rice dans le cinq de départ. Les rôles de Nikos Zisis et d'Augustine Rubit sont restés en grande partie les mêmes, mais nous pouvons maintenant voir que Ricky Hickman et Bryce Taylor sont revenus de blessure et ont été chargés de diriger le deuxième cinq. Louis Olinde voit aussi son rôle s'accroître de façon spectaculaire. Le jeune homme a fait plusieurs grosses actions défensives contre l'AEK et s'est vraiment montré à la hauteur en l'absence d'Elias Harris. La dernière chose à observer est l'utilisation de Harris et Hickman dans l'équipe qui termine les matchs. Harris commence vraiment à avoir l'air d'avoir trouvé son rythme et Ricky Hickman a été l'arrière alpha de Bamberg l'an dernier. Ses contributions en sortant du banc mettent vraiment en évidence la profondeur de cette équipe de Bamberg.

Dans les Play-Offs, la meilleure équipe de Bamberg pour les +/- a été :

Ricky Hickman, Tyrese Rice, Patrick Heckmann, Cliff Alexander, Augustine Rubit (Plus/Minus: +11)

Pour l'ensemble de la saison, cela a été :

Louis Olinde, Patrick Heckmann, Tyrese Rice, Nikos Zisis, Cliff Alexander (Plus/Minus: +10.8)

Lorsque vous cherchez trois joueurs à regarder de plus près, le plus évident serait Tyrese Rice. On a déjà beaucoup écrit sur Rice et il y a de fortes chances qu'il remporte le trophée de MVP. Nous pourrions aussi parler de l'expérience constante et de la présence culturelle de Nikos Zisis et Patrick Heckman. Dans notre cas, parlons plutôt du secteur qui fait de Bamberg une équipe à part. Aucune autre formation ne présente une telle combinaison physique et polyvalence qu'apportent le trio Harris, Rubit et Alexander.

Elias Harris  

En tant qu'ancien des Lakers et vainqueur en série avec Bamberg, nous ne devrions probablement pas avoir besoin de vous en dire beaucoup sur Elias Harris. Ce qu'il faut dire, c'est qu'il est le meilleur scoreur des quatre derniers matches. Ses 1,4 point par possession sont mortels. Harris a une combinaison de force, d'équilibre et de jeu de jambes malin pour créer son propre espace, et aussi la capacité de planter des tirs en fadeaway.

 


Augustine Rubit

Nous vous avons déjà montré l'importance de Rubit pour Bamberg sur la carte des joueurs. Il est logique de vous montrer comment il s'y prend pour créer ses tirs les plus efficaces. Une grande partie de la production de Rubit est le fruit de son travail. Rubit est un excellent coureur pour un gars de cette taille et a le nez pour trouver les espaces en transition. Regardez le premier clip de cette vidéo et voyez qu'il commence derrière Tyrese Rice et au niveau de son adversaire (Morrison). Rubit voit le jeu et fait preuve d'une rapidité trompeuse. Les autres clips sont d'autres exemples de Rubit en train de travailler et de battre tout le monde par terre pour trouver un bon tir.


Sur demi-terrain, Rubit est un autre tueur comme Harris. Dans les deux premiers clips de la vidéo suivante, vous voyez Rubit prendre un tir crochet par-dessus son épaule gauche. Toute la saison, il a été capable de prendre ce tir quand Bamberg a eu besoin d'un panier. Dans le troisième, vous voyez exactement pourquoi Rubit shoote à 67% depuis le côté droit - son fadeaway sur une jambe à la Dirk Nowitzki est un modèle du genre. Puis enfin le pick-and-pop en tête de raquette. Le fait que Rubit soit capable de vous jouer en finesse - ou de vous surpasser physiquement- au poste, et aussi de prendre des tirs, en fait un joueur très difficile à tenir.

 

Cliff Alexander

Alexander a régalé depuis le début des Play-Offs. Chaque match semble être une frénésie avec pléthore de dunks. Vous avez vu les lobs où Tyrese Rice lance la balle n'importe où dans le comté de Rim, et d'une manière ou d'une autre, Alexander l'attrape et la claque dans le cercle. Ce que vous n'avez peut-être pas remarqué, c'est à quel point le big man de Bamberg est une menace offensive. Dans le premier clip, les corps d'AEK volent partout, et littéralement, personne n'est capable de se mettre entre Alexander et ce rebond. Dans le deuxième clip, l'AEK ne se donne même pas la peine d'essayer cette fois-ci. Alexander claque tout dans le cercle et lance un cri primitif assez puissant pour faire taire l'OAKA !


Ce que vous n'avez peut-être pas vu, et probablement pas attendu non plus, c'est la capacité d'Alexander à défendre en isolation. Alexander mesure 2,05 m (6'9") avec une envergure de 2,22 (7'3"), et il l'utilise pleinement en défense. Il tire parti de la longueur supplémentaire en se donnant un peu plus d'espace sur la balle. Pour un joueur de 125 kilos (285 livres), ses pieds sont étonnamment rapides - ce qui a fait de lui un vrai casse-tête pour Vince Hunter - et nous avons vu Bamberg prêt à le faire switcher sur les arrières toute la saison.

 
Tactique

Federico Perego a étudié auprès d'un des meilleurs cerveaux offensifs du basket avec Andrea Trinchieri. Vous pouvez déjà voir l'influence dans les actions que Bamberg a menées depuis que Perego a commencé à prendre les décisions.

Le premier point culminant est l'application de Tyrese Rice en tant que back screener dans leur action de pick-and-roll à "l'Espagnole". La plupart des équipes veulent choisir leur match-up pour Rice et ne sont pas prêtes à switcher. Cela signifie que Rice est capable de trouver régulièrement le roller ouvert.


De là, nous avons également vu Perego modifier l'action et ajouter un autre écran pour que Rice soit ouvert dans le corner. Simple, mais très intelligent et très efficace.


Nous avons déjà parlé de Bryce Taylor et des ses trois coups de poignards à 3-points en quarts de finale. Mais ce que beaucoup n'ont peut-être pas remarqué, c'est que les deux premiers de ces poignards provenaient du même système, le premier ayant été dessiné par l'entraîneur Perego au temps-mort. Dans le premier clip, regardez comment Perego utilise Rice avec des Curl autour de l'écran de Taylor pour créer suffisamment d'espace pour que Taylor puisse sprinter en tête de raquette. Puis dans le deuxième clip, Rice force des curls à nouveau, mais cette fois-ci change de direction. Pendant ce temps, Taylor est déjà en train de sprinter de l'autre côté du parquet pour s'ouvrir un autre écran pour un trois-points !


Nous avons également constaté que cette action a été très efficace plus tôt dans la saison. Regardez comment Bamberg s'est installé exactement de la même façon pour exécuter l'action que vous venez de regarder, mais cette fois sans curls forcés et Alexander glisse pour conclure le alley-oop.

 

Dans le viseur

Segafredo Virtus Bologna

Deux nouveaux venus dans la BCL et deux grosses têtes d'affiche dans leur première saison. Deux équipes très bien assorties et deux équipes qui ont la capacité de déplacer le ballon et de gagner avec un basket collectif, mais aussi d'utiliser le talent de leurs marqueurs en isolation et gagner avec du un-contre-un.

Rice vs Punter, Harris vs M'Baye, Alexander vs Kravic, Zisis vs Taylor, Hickman vs Chalmers, et Perego vs Djordjevic. Il y a des duels fascinants partout où vous regardez. Et ce n'est que sur le terrain, avec Anvers proche de Bamberg et Bologne, nous pouvons nous attendre à voir et entendre Freak City et les fans de Bologne en pleine action.

Nous pourrions passer en revue les détails des différentes oppositions et la façon dont les choses pourraient se dérouler, mais c'est probablement futile. C'est un match pour les fans et les observateurs qui peuvent sentir le jeu. Selon toute vraisemblance, il s'agira de savoir quelle équipe saura le mieux gérer ses émotions.

Diccon Lloyd-Smeath

Diccon Lloyd-Smeath

Diccon is a basketball coach and analyst living in Madrid. Constantly digging in the crates of box scores and clicking through hours of game footage. Diccon is on the hunt for the stories within the stories. If you like to get a closer look at what’s going in the Basketball Champions League, you have found it.