09 octobre, 2018
05 mai, 2019
30/04/2019
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Un saut de Géant - Focus sur Telenet Giants Anvers

ANVERS (Belgique) - Quelle saison pour Telenet Giants Anvers ! L'équipe entraînée par Roel Moors connaît la meilleure période du club depuis des années (peut-être jamais vue), tant au niveau national qu'en Europe. Depuis 2011, Ostende est le gros bras de la Belgique, mais la hiérarchie est beaucoup moins clairement définie en 2018-19. Les Giants ont déjà brisé le monopole de la Coupe de Belgique - en mars, Anvers est devenu le premier club à battre Ostende en sept ans. La course au titre de champion de l'EuroMillions Basketball League est également bien engagée. En Europe, Anvers a déjà fait mieux que ses illustres rivaux en devenant le premier club belge à atteindre les Play-Offs de la Basketball Champions League. Le fait qu'ils aient non seulement atteint le Final Four, mais qu'ils s'apprêtent également à accueillir l'événement lors d'un week-end où ils avaient déjà réservé le Sportpaleis, a comme un air de destin.

 

La route vers la Final Four

Si quelqu'un essaie de prétendre qu'il a prédit ce genre de succès à Anvers cette saison, c'est probablement qu'il ment ou qu'il s'agit de Roel Moors déguisé. Après les deux premiers matches de la saison - une impressionnante victoire sur la route à Lietkabelis et une décevante défaite à domicile contre Montakit Fuenlabrada - personne ne savait trop quoi attendre de ce jeune groupe anversois. Une fois qu'ils ont battu Hapoel Bank Yahav Jerusalem à domicile dans le match suivant - marquant 101 points en 40 minutes - tout le monde s'est levé et a pris note. Bien sûr, la saison BCL d'Anvers n'a pas commencé en saison régulière.

Les Giants (comme les Giants de Ludwigsburg l'année dernière) ont fait leur entrée au premier tour des qualifications pour atteindre le Final Four. Même après cette victoire impressionnante sur Jérusalem, il aurait quand même fallu un homme courageux pour imaginer Anvers sortir d'un Groupe C ultra-compétitif. Mais ils l'ont fait. Même si c'est la seule fois qu'Anvers a battu les autres têtes d'affiches du Groupe C qui se sont qualifiées pour les Play-Offs (AEK, Jérusalem et Bamberg), les Giants ont terminé avec un bilan de 7-7 et ont marqué l'histoire du basket belge.


Les Play-Offs ont offert aux sceptiques une autre occasion de douter. L'an dernier, l'équipe d'UCAM Murcia, troisième, n'avait perdu qu'un seul match en saison régulière. Avec autant de joueur de retour cette saison, l'expérience et la qualité dans le roster contrastait avec l'inexpérience de l'équipe de l'entraîneur Moors. Cependant, Paris Lee, n'a pas fait attention aux pensées des sceptique. Le meneur américain joue comme un homme qui a prouvé toute sa vie que les sceptiques ont tort. Ses 21 et 14 points dans les deux manches lui ont valu une place dans l'équipe des huitièmes de finale. Le tir à trois-points qu'il a planté à l'issue du match aller a également donné à Anvers une avance de 8 points sur l'équipe espagnole. Cette avance s'est avérée trop importante pour Murcie. Ismael Bako et Jae'Sean Tate ont également marqué à deux chiffres dans ces deux matches lors desquels Anvers est apparue comme l'une des équipes les plus actives de la compétition. Anvers a surpassé Murcie. Au moment où les quarts de finale ont commencé, Anvers était le vainqueur de la Coupe de Belgique et a affronté Nijni Novgorod avec tellement de confiance que la compétition était terminée avant même qu'elle ne commence vraiment. Les Giants ont fait la plupart des dégâts sur la route à Novgorod.

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👀 The underdogs @AntwerpGiants are coming! Will they keep the #BasketballCL trophy in 🅰️Town? 🏆

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Stats 

Statistiquement, cette équipe anversoise a été la plus forte dans trois catégories ; elle se classe deuxième parmi les quatre équipes finalistes pour le pourcentage de rebond, les interceptions et le tir à trois-points. Les Giants aspirent 51% de tous les rebonds disponibles, recueillent sept interceptions à chaque match et tirent à plus de 35% de loin. Les Giants sont également la deuxième meilleure équipe du Final Four en terme de contres, déviant plus de 7% des tirs de leurs adversaires.

 

Si l'on regarde les données avancées d'Anvers au cours des dix derniers matches, on constate qu'à part la démolition de Fuenlabrada lors de la 9e journée, l'efficacité offensive et défensive des Giants a été stable. Anvers est à 6-4 sur ses dix derniers matchs et en regardant le pourcentage de rebond offensif, le pourcentage de balles perdues et le pourcentage de tir effectif, nous ne voyons aucune tendance significative pour ces deux statistiques par rapport à ces victoires et ces défaites. Là où nous voyons une tendance, c'est au niveau du rythme. Anvers a eu une moyenne de 71,6 possessions par 40 minutes sur la saison. La moyenne de la ligue pour toutes les équipes est de 72. Les deux matchs les plus rapides de la saison des Giant ont été les défaites de la saison régulière contre Jérusalem et Bamberg. De tous les matchs que les Giants ont joués à un rythme supérieur à la moyenne du championnat (72), le résultat a été une défaite. D'un autre côté, lorsque le rythme a été de 72 possessions par 40 minutes ou moins, Anvers en a gagné six et n'a perdu qu'une seule fois. Et encore, cette défaite a été le match retour contre l'UCAM Murcia et a ressemblé à une victoire.

Si vous regardez leur carte de tir, vous verrez aussi que ce qui est impressionnant dans le shooting d'Anvers, c'est que chaque zone à l'extérieur de l'arc est une zone efficace pour les Belges. Parmi les quatre équipes finalistes, seule Tenerife prend plus de tirs derrière l'arc de cercle. Le fait qu'Anvers soit constante depuis chaque spot de tir à 3-points fait d'elle une véritable menace. C'est aussi une équipe avec Ismael Bako qui obtient un grand volume de tirs efficaces directement au cercle.



La carte ci-dessous donne un visuel assez précis de ce à quoi vous pouvez vous attendre de la part du roster d'Anvers. Paris Lee est un tireur efficace à 3-points après dribble, d'autant plus en tant que porteur de balle sur pick-and-roll. Jae'Sean Tate tire à 39% de loin. Dudzinski étire la défense adverse et Bako est un attrapeur de lob qui apporte le menace autour du cercle. De plus, surveillez Hans Vanwijn sur le poste haut et bas. Les 80 % de Tyley Kalinoski dans le coin gauche attirent l'attention, mais c'est sur un faible volume de tentatives. Kalinoski est un joueur capable d'entrer dans la peinture et de marquer efficacement.

 

Roster

Cette jeune équipe anversoise est spéciale pour diverses raisons. A commencer par le coaching. Roel Moors est le favori pour gagner le titre de Coach de l'année pour une bonne raison. Moors était un joueur légendaire à Anvers et son maillot a été retiré dans la Lotto Arena. Il est déjà en train de devenir une légende en tant qu'entraîneur. Ce qu'il a si bien fait, c'est de trouver une structure stable qui permette aussi à cette équipe d'exprimer son énergie, sa créativité et son imprévisibilité. Les rotations ont été strictes tout au long de la saison afin que ces jeunes joueurs sachent où ils en sont. Si nous comparons le tableau de rotation ci-dessous avec le tableau de rotation de la saison complète que nous avons regardé avant les quarts de finale, nous voyons que Victor Sanders et Yoeri Schoepen ont été insérés dans le cinq de départ lors des Play-Offs.

Dans le cas de Sanders en particulier, cette décision semble avoir porté ses fruits. L'Américain joue sa première année en Europe et a grandi en tant que joueur tout au long de la saison. Sa contribution dans la première étape des quarts de finale, peut ne pas sauter immédiatement aux yeux d'un point de vue statistique, mais a été absolument déterminante. Nous pouvons aussi voir que le rôle de Hans Vanwijn s'est accru pendant les Play-Offs. Vanwijn fait un peu de tout et a tout l'air d'un joueur incroyable en devenir. Les principales menaces de cette équipe sont Ismael Bako n'importe où autour du cercle (mais surtout au-dessus), Paris Lee créant à partir de pick-and-rolls, et Jae'Sean Tate débordant d'énergie, d'agitation et d'idées. Tous les trois sont habitués à finir les matchs.

 

Le meilleur cinq de Telenet Giants Antwerpen au +/- en Play-Offs a été :

Paris Lee, Ismael Bako, Tyler Kalinoski, Yoeri Schoepen, Victor Sanders (Plus/Minus: +11)

Sur l'ensemble de la saison, cela a été le suivant :

Yoeri Schoepen, Ismael Bako, Tyler Kalinoski, Paris Lee, and Victor Sanders (Plus/Minus: +7)

Tyler Kalinoski fait partie des cinq les plus productifs d'Anvers.

S'il faut détacher trois joueurs, il est logique de choisir le big three d'Anvers : Paris Lee, Jae'Sean Tate et Ismael Bako.

Paris Lee

Dans la preview des quarts de finale, nous avons parlé du fait que cette équipe anversoise va là où Paris Lee va. C'est une énorme responsabilité pour un jeune arrière qui s'adapte encore à une nouvelle culture du basket-ball, et peut-être aussi à la vie en Europe. Ce qui a impressionné chez Lee, surtout dans les Play-Offs, c'est sa capacité à s'adapter à la façon dont les équipes défendent sur lui. Lee est gaucher, mais comme vous pouvez le voir dans les clips ci-dessous, le forcer à utiliser sa main droite est une tactique à laquelle il s'est rapidement adapté. Lee est mortel en tirant après dribble main droite, si vous ne restez pas serré, il va planter des jumpers. Si vous êtes trop serré, son crossover droite-gauche le ramène à sa main gauche, et il peut aussi créer son propre tir. Dans le dernier clip, vous voyez Novgorod essayer de forcer Lee à utiliser sa main droite en fin de possession. Alors que le défenseur se rapproche pour empêcher le tir, Lee croise de nouveau vers sa main gauche. Presque impossible à défendre.


Une grande partie de l'attaque d'Anvers est basée autour de Lee en tant que meneur de jeu et de dégager le corner pour empêcher les défenseurs d'aider sur les pick-and-roll avec Bako. Comme vous pouvez le voir dans les deux premiers clips ci-dessous, Bako est un grand attrapeur de lob et Lee est très bon pour lire l'aide pour chronométrer sa passe. Dans le dernier clip, vous voyez que cette fois l'attaquant dans le coin reste en place. Comme Lee descend vers sa gauche, l'aide doit venir et Lee fait une bonne lecture pour transférer dans le corner pour un trois-points ! A ce stade de la saison, dès que Lee peut prendre le virage en pick-and-roll, peu importe dans quelle direction il va, il a les outils pour causer des dégâts.

 

Jae'Sean Tate

Après Paris Lee, le prochain joueur vers lequel Anvers se tournera pour créer quelque chose en attaque, est Jae'Sean Tate. À 1,93 m, Tate n'est pas le plus grand pour un ailier, mais c'est un athlète explosif et il a un relâché assez rapide pour tirer dessus sur des défenseurs plus grands. Le fait que Tate tire à 39% de loin cette saison signifie que les défenseurs doivent rester proches. Cela lui ouvrir des espaces pour driver. Tate a prouvé toute la saison qu'il est agile et créatif en tant que finisher.

 

Ismael Bako

Dans une équipe pleine de jeunes étoiles montantes, Ismael Bako est peut-être la plus grande découverte de toutes. Le jeune Belge mène le BCL au nombre de dunks et joue avec le genre de moteur qui pourrait terminer les 24 heures du Mans, tout en ramenant le bus de l'équipe chez elle. Vous avez déjà vu le genre de menace que Bako apporte de façon offensive, ce que vous n'avez peut-être pas remarqué, c'est ce que Bako apporte en défense. Le pivot d'Anvers est un défenseur actif au poste et défend l'homme qui roule dans le pick-and-roll aussi bien que n'importe qui dans les rosters du Final Four. Sa mobilité permet également à Coach Moors d'ajuster ses couvertures sur pick-and-roll sans avoir à changer son roster. Dans le premier clip, vous voyez Bako se montrer puis sprinter pour empêcher le pick-and-pop. Une fois en place, il montre la vitesse de pied pour rester devant Delroy James sur le drive (ce que personne n'avait réussi à faire lors du Final Four de l'an dernier). Dans le deuxième clip, vous voyez Bako défendre sur Kendrick Perry puis sprinter pour récupérer sur Dragicevic au poste bas - regardez comment il se sert de ses mains pour intimider l'intérieur de Nijni en l'éloignant du cercle.


Ensuite, il y a le contre. Lors de la deuxième manche des quarts de finale, Bako a fait un festival. Nous pourrions analyser pourquoi chaque clip est impressionnant, mais ce n'est vraiment pas nécessaire. Le Sportpaleis est vraiment la maison d'Anvers pour un jour chaque année. Attendez-vous à ce que Bako en fasse sa maison en demi-finale.

 

Tactique

Le système d'Anvers a été une bonne combinaison de discipline et de liberté individuelle - surtout en transition. Sur demi-terrain, nous avons vu Roel Moors dessiner des supers systèmes après temps-mort toute la saison:


Anvers joue un basket uptempo et fluide avec énormément de spacing et de drive-and-kick. Cette équipe a une alchimie sérieuse et fait des passes avec un sixième sens pour savoir où l'autre sera.


L'autre chose qui impressionne dans cette équipe, c'est la façon dont les joueurs changent de rôle sans effort dans les actions de l'entraîneur Moors. Regardez les deux clips de la vidéo ci-dessous. Dans les deux clips, Anvers utilise un "Zipper" découpé en pick-and-roll central. Dans le premier clip, Tyler Kalinoski coupe pour recevoir le ballon, et lorsqu'il entre dans le pick-and-roll central avec Ismael Bako, Hans Vanwijn s'écarte du corner (un thème récurrent). Bako rend le ballon à Kalinoski qui plante un trois-points... Dans le deuxième clip, cette fois, c'est Vanwijn qui fait la coupe zipper jusqu'au pick-and-roll du milieu. A 2.08m, voir Vanwijn bouger avec autant de fluidité qu'un meneur de jeu est impressionnant. Dans ce cas, il ne s'agit pas d'utiliser le grand Belge comme un meneur de jeu. Au lieu de vider le corner, Kalinoski remonte à l'aile pour prendre récupérer la passe de Vanwijn. Le résultat dans les deux clips est le même : Tyler Kalinoski éclaboussant sur un tir à 3-points.


Le dernier clip vous montre l'un des systèmes spéciaux de Coach Moors. Anvers a trois gars avec Lee, Kalinoski, et Sanders vers qui l'équipe peut se tourner s'il elle trouver un tir efficace. S'il y a un besoin de casser la pression défensive et que l'un d'eux hérite de la gonfle, c'est le système que vous pourriez bien voir. L'action commence avec un écran "Ghost" et pop. Dans le même temps, le shooteur reçoit un écran croisé et fait une coupe pour recevoir la passe. Ce n'est pas une action à grand volume pour Coach Moors, mais c'est une action qui a été très efficace.

 

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Le prochain adversaire

Iberostar Tenerife

Cette équipe de Tenerife est potentiellement l'opposition la plus difficile pour cette équipe d'Anvers. Il s'agit de la jeunesse par rapport à l'expérience, de la constance et de l'excellence soutenue par rapport à l'intrépidité et à l'imprévisibilité. Observez Paris Lee, Tyler Kalinoski et Victor Sanders contre Rodrigo San-Miguel, Ferran Bassas et Nicolas Richotti. Puis les batailles entre Ismael Bako et Colton Iverson, et les ailiers de Tenerife contre Jae'Sean Tate.

En deux saisons du Final Four de la Basketball Champions League, les hôtes ont gagné à ces deux occasions. Il y aura probablement la majeure partie des 18 000 supporters du Sportpaleis de leur côté, et si l'on ajoute à cela l'intrépidité et le talent de cette jeune équipe anversoise, même l'observateur le plus sceptique du début de la saison aurait du mal à ne pas croire en cette équipe. Il est assez clair que plusieurs membres de ce jeune groupe auront des carrières marquantes. Nous pouvons déjà dire qu'ils ont un avenir très prometteur. Pour l'instant, il s'agit de savoir ce dont ils sont capables dans le présent.

 

Diccon Lloyd-Smeath

Diccon Lloyd-Smeath

Diccon is a basketball coach and analyst living in Madrid. Constantly digging in the crates of box scores and clicking through hours of game footage. Diccon is on the hunt for the stories within the stories. If you like to get a closer look at what’s going in the Basketball Champions League, you have found it.